Existeensiters

09 octobre 2009

L'ego

Tromper l'ennui, tricher son temps jusqu'à la fin de la vie, s'en servir pour faire quelque chose d'utile au moins une fois. Et c'est ainsi qu'on se retrouve soudain en plein dans une activité en étant convaincu qu'on aime ça.
Mais est-ce que nous l'aimerions moins si nous n'avions aucun talent pour le faire?
Est-ce qu'il s'agit là de faire ce qu'on aime, ou de satisfaire son propre ego qui se flatte de pouvoir faire quelque chose correctement?

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08 octobre 2009

Chez moi

Ils sont là, ils veillent la moindre faiblesse... Ne les laisse pas t'avoir, protège-toi, sauve-toi pendant qu'il en est encore temps... Ils guettent les énergies plus fortes, tu ne peux pas t'en sauver, si tu t'affaiblis ils ont gagné, s'ils t'attrapent ils ont gagné...

Lors du grand débarquement ils ont fait le tri de ceux qui restaient sur le bateau et ceux qui vont avoir comme tâche de repeupler le nouveau continent. Ils m'ont laissée à la dérive, je suis sûre que c'est un complot, ils ont profité de mon sommeil pour vider le navire, même le capitaine a déserté. J'étais trop loin de la terre pour tenter de la rejoindre, le bateau étant trop gros, je ne pouvais le manoeuvrer. J'ai donc dû attendre qu'il se pose à un endroit, m'efforçant de lutter contre le mal de mer dans ce bateau trop grand et trop vide...

Et maintenant j'en souffre... Je suis beaucoup trop loin de chez moi, je ne reconnais personne... Tout ce que je voulais c'était visiter le nouveau continent et retourner chez moi, mais je n'ai pas pu, et maintenant je suis bloquée ici... Tout me manque, et je dois leur manquer aussi...

Je veux retourner chez moi...

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07 octobre 2009

L'armée

Ils voulaient tous le respect, criant à tue-tête leur besoin de liberté. Révolutionnaires enivrés par leur folie apparente, ils étaient heureux. Tous les soirs ils se réunissaient, croisant le fer pour le plaisir, tous ces jeux ayant pour but de les entraîner pour aller combattre les armées impériales. Ils connaissaient la misère et la pauvreté, la haine les habitait. Ils n'avaient plus rien à perdre...

Dans une contrée hostile, où nul ne vit, où le néant git, la lumière se sauve à l'abri derrière la pénombre, quand les âmes se meurent et que sont ouverts les cieux, déversant leur flot de pourriture sur les pauvres créatures malchanceuses n'ayant jamais pu trouver le repos, ils s'apprêtent à mener la plus grande bataille de leur vie, la dernière, celle qui décidera du sort du monde...

(À suivre...?)

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06 octobre 2009

L'automne

L'automne est la saison de la mort. C'est à ce moment que les feuilles des arbres dépérissent, perdent leur vert et tombent, laissant les branches d'arbre à nu jusqu'à temps qu'une épaisse couche de neige glacée vienne tout recouvrir comme un doux linceul.
C'est une saison cruelle, mais tellement belle... C'est quand tout s'apprête à se réfugier en lui-même que les plus belles couleurs sortent. Et l'odeur des feuilles en train de pourrir qui se mêle à la pluie est semblable à une douce effluve venant caresser les narines. Car cette odeur de décomposition ressemble à notre propre mort, elle nous prépare à l'arrivée des temps sombres, comme le couvercle d'un cercueil se refermant doucement.
Puis les premières neiges, les tempêtes, et l'éternité qui commence. Comme la fin est douce... Rien de brutal, le froid s'empare graduellement du monde, le silence se fait à mesure que les oiseaux s'en vont... Il n'y a plus que le bruit du vent entre les branches nues, sifflement strident et continu qu'on ne remarque plus à force. Même la pluie est gagnée par l'atmosphère et tombe tranquillement, insouciante, respectueuse du deuil du monde.
Et sereinement, le monde meurt en laissant exploser toute sa beauté...

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05 octobre 2009

Feuille blanche

Voilà quelques heures déjà qu'il est assis là dans son bureau, les pieds posés sur la table, fixant ses papiers sans réellement les voir. L'air songeur, un tic nerveux secoue son œil droit à intervalles irréguliers. Son crayon de mine, lui, danse entre ses doigts au rythme d'une douce balade musicale. Quelques livres entamés sont posés négligemment dans un coin, entre autres une pseudo-biographie parlant de la deuxième guerre mondiale, quelques œuvres de littérature absurde et, en évidence sur le dessus, un essai philosophique portant pour titre Tentatives de lucidité, avec un signet posé peu avant le milieu du livre.
L'observateur curieux prendrait cet ouvrage et tomberait directement à la page 95, et serait bien sûr attiré par le titre "Le suicide collectif possible". Il lirait d'abord ce chapitre, qui ne fait que 3 pages, puis prendrait connaissance du reste, et il verrait que tout se rejoint, et qu'il n'y a pas plus de raison de s'attarder à la page 95 parce que ça revient au même que tout ce qui est dit ailleurs.

Et pourtant il devait y avoir un sens, sinon pourquoi cet homme aurait-il arrêté toutes ces lectures pour maintenant rester là à songer? Il avait mis le doigt sur une question fondamentale. Lire plus loin l'aurait fait retomber dans l'ignorance. Et pourtant même là il ne connaissait pas. Il était intrigué mais il ne savait pas par quoi.
Il fixe le vide car même dans sa tête les idées n'ont pas assez de sens pour qu'il y porte attention.

Et dehors le soleil brille. Il n'y a pas un seul nuage à l'horizon, pas une goutte de pluie qui ait envie de toucher cette terre.
Mais l'homme n'y porte pas plus attention. Il est hors du temps. Il attend une réponse à une question qui n'a jamais été réellement formulée. Mais s'il pose la question directement, il sait qu'il aura la réponse, et il perdra ce moment. Le moment d'attente devant une feuille blanche, comme une vierge qui attend d'être souillée.

Et pourtant l'attente commence à le tracasser. Le désir se fait sentir, l'idée est proche...
Sa main commence à trembler, il tente de la contrôler en faisant danser de plus belle son crayon, mais c'est peine perdue, car le pied commence à s'agiter lui aussi. Puis les sueurs, comme s'il était près de quelque chose. L'idée est maintenant à la frontière.
Il fait mine d'écrire, se rétracte, son bras commence à danser au rythme de la musique qui s'intensifie, et lui, les yeux fermés, se laisse porter par le rythme.
Alors doucement, l'idée perce sa coquille, le crayon se pose sur la feuille, et l'homme commence à écrire...

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04 octobre 2009

La fin

D'abord, le voile se lève.
Un visage confiant, songeur, apparaît derrière.
Les yeux fixés au loin, attachés à l'horizon, ils semblent oublier la civilisation qui les sépare.
Puis, une note de musique.
Faible, frêle, hésitante, elle peine à percer le vent.
Et elle baisse le regard, ferme les yeux, se renfermant en elle même, attendant la fin du monde.
Une douce mélodie emplit l'air, plus confiante, elle passe entre les bâtiments, danse dans les caniveaux et commence sa danse.
Puis, une intense lumière, un bruit assourdissant.
Une explosion fulgurante, qui détruit tout ce qui existe, tout ce qui existera à jamais.
La lumière s'éteint.
La poussière retombe, le bruit s'estompe.
Elle n'est plus, le silence l'a remplacée.
Un silence de fin du monde.

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